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Central African Republic: L’éducation de la petite enfance établit les bases de la paix en République centrafricaine
















Par Florence Walikete
L’éducation de la petite enfance établit les bases de la paix en République centrafricaine

Les enfants de la République centrafricaine ont subi des années de violence et de conflit. Les groupes armés se battent pour le contrôle des ressources naturelles du pays, et les familles doivent faire face à une situation de chaos. En 2013, les forces rebelles ont pris le contrôle de la capitale et les combats se sont intensifiés. Depuis, une paix fragile a été instaurée mais, pour les familles du 5eme district de Bangui, la peur et l’isolement sont encore bien présents.
Cette année, nous accueillons 638 enfants. Ils étaient à peine plus de 300 avant que n’éclate le conflit mais comme il n’existe plus d’institution préscolaire dans le 5eme district de Bangui, nous ne pouvons pas refuser de les inscrire. Certains parents vivent toujours dans des camps de personnes déplacées, tandis que d’autres ont fui leurs quartiers détruits pour s’installer aux alentours. Lorsqu’ils viennent avec leurs enfants, nous ne pouvons pas les refuser.
Nous les accueillons tous et les salles de classe sont pleines à craquer. Nous n’avons pas assez de place pour tous les faire asseoir, mais c’est une situation que nous essayons de gérer au mieux.

Cette crise a considérablement affecté les enfants. Parfois, lorsqu’ils sont en classe et qu’ils entendent des coups de feu, ils commencent à pleurer et il est difficile de les calmer. Ils ont vécu des expériences difficiles et ne supportent plus le bruit des coups feu.
Nous jouons beaucoup avec eux. Les enfants aiment naturellement jouer. Pendant la pause, ils font de la balançoire et joue au toboggan même si l’espace de jeux est petit. S’amuser les aide à oublier ce qu’ils ont vécu. Dans les salles de classe, nous mettons à leur disposition des jouets et des jeux offerts par l’UNICEF. Leur attention est alors au jeu, ils ne pensent à rien d’autre, ce qui constitue une véritable aide psychologique.
L’éducation préscolaire joue un rôle clé, ce que la plupart des gens ont tendance à oublier. Au-delà du jeu, le but est d’offrir aux enfants une base, de les initier à l’écriture et à la lecture. Il m’arrive, même après que des enfants ont quitté mon école, de prendre de leurs nouvelles parents et suivre leur évolution.
Beaucoup de parents me confient que notre école a beaucoup aidé leurs enfants.
Un jour, un parent est venu et m’a dit : “Mon enfant est le premier de sa classe. Je suis venu vous remercier.”
L’éducation est le fondement d’une société. Il n’est pas possible de bâtir une nation prospère avec des citoyens heureux sans elle. Il faut ouvrir plus d’écoles maternelles, pas seulement à Bangui mais dans tout le pays, avec des enseignants qualifiés. Nous aurons alors d’ici quelques années, des jeunes gens instruits et il n’y aura plus de groupes rebelles.
Si on y regarde de plus près, sur 100 combattants armés, la plupart n’ont connu qu’une période de scolarisation très brève. Beaucoup ont abandonné l’école, d’autres n’y ont simplement jamais été, et c’est un problème pour le pays.
C’est pour cela qu’il faut ouvrir plus d’écoles maternelles partout, y affecter de bons professeurs et donner aux enfants la meilleure éducation, dès leur plus jeune âge. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons avoir la paix.
Si nous ne le faisons pas, il n’y aura jamais de solution, que de vaines paroles. Une bonne éducation est nécessaire. Et celle de la petite enfance en est le fondement.
Florence Walikete, Directrice du jardin d’enfant préscolaire dans le 5ème arrondissement de Bangui.















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